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Comment ce site détecte les orages

Une carte de la foudre en temps réel n'a d'intérêt que si l'on sait d'où viennent ses données et ce qu'elles valent. Voici les deux.

D'où viennent les impacts

Les éclairs ne sont pas repérés par satellite ni par radar, mais par l'onde radio qu'ils émettent. Une décharge de foudre est un courant de plusieurs dizaines de milliers d'ampères qui s'établit en quelques microsecondes : elle rayonne une impulsion électromagnétique de très basse fréquence, détectable à des centaines de kilomètres.

Le réseau Blitzortung.org réunit des milliers de détecteurs construits et opérés par des bénévoles. Chacun horodate l'impulsion qu'il reçoit avec une précision de l'ordre de la microseconde. En comparant ces horodatages entre plusieurs stations, on retrouve le point d'origine par différence de temps d'arrivée — le même principe qu'un GPS, à l'envers.

Il faut au moins quatre stations pour situer un impact. C'est pourquoi la couverture est excellente en Europe de l'Ouest, densément équipée, et plus lâche ailleurs.

Quelle précision, quel délai

La localisation est typiquement précise à un ou deux kilomètres. Ce n'est pas une position au mètre près : un point sur la carte signifie « la foudre est tombée dans ce secteur », pas « sur cette maison ».

Le délai entre l'éclair et son affichage tourne autour de cinq secondes, le temps que les stations transmettent et que le calcul converge. C'est assez rapide pour que l'on voie apparaître un point alors que l'on entend encore le tonnerre.

Le réseau détecte principalement les décharges nuage-sol et une partie des décharges intra-nuage. Un orage peut donc être actif au-dessus de vous en produisant peu de points.

Estimer la distance d'un orage

Le son parcourt environ 340 mètres par seconde, la lumière est instantanée à l'échelle d'un orage. Comptez les secondes entre l'éclair et le tonnerre, divisez par trois : vous obtenez la distance en kilomètres. Neuf secondes, trois kilomètres.

C'est ce calcul que les pages de commune affichent directement, à partir de l'impact réellement détecté le plus proche.

En dessous de dix secondes d'écart, l'orage est sur vous. La règle dite des trente-trente le résume : moins de trente secondes entre l'éclair et le tonnerre, mettez-vous à l'abri ; attendez trente minutes après le dernier coup avant de ressortir. La majorité des accidents surviennent en début et en fin d'épisode, quand on croit le danger passé.

Le reste des données

Les prévisions et les relevés viennent d'Open-Meteo, qui agrège les modèles des services météorologiques nationaux — dont AROME et ARPEGE de Météo-France sur l'Europe. Le radar de précipitations vient de RainViewer, la vigilance de Météo-France, et le découpage des 34 969 communes de l'API Géo de l'État français.

Une prévision reste une prévision : au-delà de trois jours, l'incertitude devient considérable, et pour un orage — phénomène de petite échelle et de courte durée — elle l'est dès quelques heures.

Ce que ce site ne fait pas

Il n'émet aucune alerte officielle. En France, seule la vigilance de Météo-France fait foi, et c'est elle qu'il faut suivre en cas d'épisode dangereux.

Il ne prédit pas la foudre : il montre où elle vient de tomber. Un secteur sans point n'est pas un secteur sûr, seulement un secteur où rien n'a encore été détecté.

Voir les orages en cours

La carte affiche les impacts en direct sur la France et l'Europe de l'Ouest. La page orages en cours classe les départements par activité, et chaque commune a sa page de prévisions.

À propos — Orages en direct